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Ouverte aux élèves sourds et entendants en terminale depuis 2008, l’option Langue des Signes au Baccalauréat a été choisie cette année par 717 élèves. Après les filières générales (L-ES-S), l’option LSF est désormais proposée à tous les élèves, y compris ceux des filières professionnelles. Ils peuvent ainsi obtenir quelques points supplémentaires à leurs résultats.
Cette option s’inscrit dans la logique de la loi du 11 février 2005 et a permis à la LSF de prendre une place considérable dans le monde de la scolarité. Elle gagne d’ailleurs à être reconnue chez les jeunes élèves entendants qui ne la connaissent pas. Une belle idée, mais peu à peu, la satisfaction laisse place à l’inquiétude. En effet, dans la pratique, les épreuves de l’option LSF au bac semblent souffrir de bien des carences quant à leur organisation.
Le problème le plus important reste le recrutement des enseignants reconnus et diplômés de l’Education Nationale. Il existe beaucoup d’enseignants de LSF en France, mais ils sont dans la majorité des cas rattachés au ministère de la Santé. Or, pour être juré au baccalauréat, il faut impérativement dépendre du ministère de l’Education Nationale ou de l’Enseignement Supérieur.
En juin dernier, pour les épreuves du bac, les jurés n’étaient qu’une petite vingtaine à courir d’académie en académie partout en France et dans les départements d’outre-mer. De plus, parmi ce minuscule groupe d’examinateurs, seuls quelques-uns étaient vraiment qualifiés pour ce travail. Beaucoup d’entre eux n’étaient en effet que de simples professeurs, recrutés parce qu’ils connaissent la langue des signes, sans pour autant être bilingues. Alors que d’autres professeurs du ministère de la santé ont un niveau de compétence beaucoup plus élevés avec un diplôme (Capejs – Certificat d’Aptitude au Professorat de l’Enseignement des Jeunes Sourds).
Nous ne pouvons pas imaginer une épreuve au bac de français qui serait évaluée par un professeur de sport. Cette logique s’applique aussi pour les épreuves de LSF. C’est l’un des travaux les plus importants que le Ministère de l’Education Nationale doit encore effectuer pour que la Langue des Signes soit prise en compte à sa juste valeur.
D’une autre coté, pour pallier à ce manque d’enseignants qualifiés et compétents, le ministère de l’Education Nationale a lancé cette année une nouvelle formation pour le CAPES de LSF (Certificat d’ Aptitude au Professorat de l’Enseignement du Second degré). La première promotion des enseignants à avoir passé le CAPES de langue des signes ne s’élève qu’à 4 recrues. Le principal souci serait que ce concours d’entrée est essentiellement basé sur une épreuve écrite.
Cette année, les inscriptions sur le site de l’Education Nationale pour la deuxième promotion du Capes de LSF viennent d’être clôturées. Espérons que l’année 2011 verra une augmentation du nombre diplômés du Capes de LSF. Ils pourront ainsi contribuer à la valorisation de l’option LSF au baccalauréat et à son amélioration.
Sources :
> Info-fax n°1006
> Article dans le journal Libération