Sommaire
1) Une suite au protocole de Kyoto (durée:04’13’)
2) Déroulement du sommet (durée:2’53")
3) L’accord du Copenhague (durée:2’48")
4) Quel avenir après le fiasco du sommet ?(durée:4’15")
1) Une suite au protocole de Kyoto
L’objectif de ces 2 semaines du sommet, qui s’est déroulé du 7 au 18 décembre 2009, était d’obtenir un accord international de lutte contre le réchauffement climatique, succédant au protocole de Kyoto. Cet accord ambitieux, ratifié par tous les États, devait être signé afin que nous soyons dans les délais pour contenir l’augmentation des températures en deçà de 2°C et éviter l’emballement climatique…
Qu’est-ce que c’est le protocole Kyoto ?
Le protocole de Kyoto est un programme international de lutte contre le changement climatique par la réduction des gaz à effet de serre issus des activités humaines. Il a été négocié en 1997 et est entré en vigueur en février 2005 dans le monde.
175 pays ont ratifié le protocole de Kyoto ; les États-Unis, sous l’ère du président George Bush, ont toujours refusé de le signer, alors qu’ils émettent à eux seuls 1/4 des émissions de gaz à effet de serre de la planète.
Les pays industrialisés ayant ratifié le protocole se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, avec une réduction globale de 5,2 % des émissions d’ici 2012 par rapport aux émissions de 1990.
Ils ont établit une stratégie de réduction des différents gaz à effet de serre (cf. plus bas : Effets de serre en animation). Réduire les émissions entraîne l’adoption de mesures contraignantes relatives à différentes industries : énergie, transports, agriculture, bâtiment... Pour les pays membres de l’Union Européenne, l’objectif de réduction est fixé à 8 % par rapport aux niveaux de 1990 au cours de la première "période d’engagement" (2008-2012). Les pays en voie de développement n’ont pour le moment qu’une obligation d’inventaire de leurs émissions.
Le protocole de Kyoto prendra fin début 2013. Un traité international sur le réchauffement climatique devait être entériné lors du Sommet de Copenhague pour prendre le relais de Kyoto, à travers un accord encore plus ambitieux : développement des énergies renouvelables, réduction du recours aux énergies fossiles, amélioration de la performance énergétique des bâtiments, contraintes sur certaines industries polluantes, recours aux véhicules moins émetteurs de CO2, développement des transports collectifs, etc.
Le financement des différents programmes de réduction des gaz à effet de serre et les aides financières et technologiques apportées aux pays en voie de développement devaient également être définis lors du Sommet de Copenhague.
La planète devra être à la hauteur du plus grand défi auquel elle a jamais été confrontée : les changements climatiques. Avant de l’ouverture du Sommet, plusieurs mobilisations éclairs (« Flashmob ») très dynamiques ont eu lieu dans le monde pour faire pression sur les chefs d’Etat afin qu’ils signent un accord ambitieux pour préserver la planète.
Lors de l’ouverture du Sommet, les discussions s’annonçaient vives, notamment sur le financement des pays en voie de développement. Des mesures sur les réfugiés climatiques et la santé publique ont été discutés. Puis, au milieu de la conférence, les politiques sont entrés en scène dans la capitale danoise. Le lendemain, des nombreuses manifestations se sont déroulées en marge du Sommet de Copenhague, pour pousser à un accord ambitieux sur le climat, et faire pression sur les politiques. Le jour suivant, les pays africains et les autres pays en voie de développement ont manifesté de la colère et ont brièvement suspendu leurs participations aux travaux de la conférence.
Le 16 décembre, les négociations entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement étaient au point mort. Le 17 décembre, 6 pays se sont engagés à financer la protection des forêts à hauteur de 3,5 milliards d’euros ces 3 prochaines années.
Le 18 décembre, on annonçait l’échec du sommet. Une dernière réunion de crise d’une trentaine de chefs d’Etats, dont Nicolas Sarkozy, s’est déroulée le soir même pour tenter de trouver une issue aux blocages de toutes parts. Cette réunion s’est achevée à 2 heures du matin, aboutissant sur une déclaration d’intention, sans objectif chiffré ni contraignant.
L’accord à minima trouvé vendredi soir à Copenhague est issu des discussions menées par 26 pays industrialisés et émergents, mais il est essentiellement le fait des Etats-Unis, de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de l’Afrique du Sud. L’Union européenne elle-même a été écartée des dernières tractations. Les pays en voie de développement sont déçus.
Le texte, qui affirme l’objectif de limiter à 2 degrés la hausse de la température par rapport à l’ère préindustrielle, est repoussé à fin 2020. Le texte ne reprend ni l’objectif global de réduction des émissions de CO2 de 50% d’ici 2050, rejeté par la Chine et l’Inde, ni l’idée d’une Organisation mondiale de l’Environnement - deux points défendus jusqu’au bout par les Européens.
En l’absence d’une instance de contrôle, les Chinois refusant toute intervention extérieure, les économies émergentes feraient le bilan de leurs efforts et en rendraient compte aux Nations unies tous les deux ans. Des contrôles internationaux sont prévus pour répondre aux exigences occidentales de transparence mais le texte garantit le "respect de la souveraineté nationale".
Le projet reprend l’idée d’un fonds de 100 milliards de dollars d’aide d’ici 2020, mais sans répartition des contributions à verser par les pays donateurs ni répartition des montants et des pays qui recevront ces aides. 10 milliards de dollars par an pendant les 3 prochaines années devraient être alloués par les pays les plus riches aux pays les plus pauvres et les plus vulnérables aux changements climatiques, mais la répartition n’est pas non plus établie.
Sur la protection des forêts, le projet prévoit des mesures "incitatives" pour la financer, avec des fonds des pays développés. Quant au principe d’un marché de crédits carbone, il est seulement évoqué.
4) Quel avenir après le fiasco du sommet ?
Pas de réductions d’émissions de gaz à effet de serre chiffrées, pas de calendrier ni de répartition du financement de l’aide aux pays en voie de développement, pas d’instance internationale pour vérifier les engagements en termes d’émissions, pas de poursuite du Protocole de Kyoto. Un accord politique de trois pages, Copenhague est pour le moment une coquille vide.
Les Nations Unies "prennent note" de l’accord de Copenhague, c’est-à-dire que le texte final n’est pas juridiquement contraignant pour les pays qui l’ont signé.
Le Protocole de Kyoto, qui s’achève début 2013 et devait trouver une suite à Copenhague, n’existera plus après cette date : les pays industrialisés ne voulaient pas d’un Protocole de Kyoto bis, qui ne contraignait pas les pays en voie de développement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les pays du sud souhaitaient au contraire un prolongement de Kyoto avec des objectifs de réductions d’émissions encore plus forts pour les pays riches et l’entrée des Etats-Unis dans le système. Toutes les associations de défense de l’environnement, ONG, personnalités impliquées dans la lutte contre le réchauffement climatique, déplorent un véritable fiasco.
Le GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat) a prévenu en 2007 que si les températures moyennes augmentaient de plus de 2 degrés, cela pourrait entraîner des changements climatiques aux conséquences très graves. Selon des études plus récentes, sans réduction des émissions de CO2, le réchauffement pourrait atteindre 6 degrés Celsius et le niveau des mers s’élever de plus d’un mètre, créant des centaines de millions de réfugiés climatiques.
Jean-Louis Borloo, ministre de l’Ecologie, très déçu au sortir du sommet de Copenhague, a déclaré : « on n’a pas fait le Grenelle Mondial comme nous l’avions fait en France [notes : le grenelle de l’environnement]. On oublie que le Grenelle français c’était très difficile... et on était entre nous ! ». Nicolas Sarkozy recevait mardi 22 décembre à l’Elysée pour un déjeuner de travail, les principales organisations non gouvernementales et des personnalités investies dans la lutte contre le changement climatique, qu’il avait déjà reçues le 10 décembre.
Les Etats doivent se retrouver à Bonn dans 6 mois et à Mexico dans 1 an pour poursuivre les négociations, qui avaient débuté à Bali il y a 2 ans. Ces dates seront autant d’occasion d’essayer d’avancer dans les accords et d’un engagement plus ferme contre le réchauffement climatique.
Sources :
[www.vedura.fr->http://www.vedura.fr/environnement/climat/sommet-copenhague-changement-climatique]
info.france2.fr/environnement/
Animations
Effets de serre en animation